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Coup du lapin : quelle indemnisation pouvez-vous espérer ?

Photo du rédacteur: Aréba BOUHADOUZA
Aréba BOUHADOUZA
23 août
3 min de lecture

Un choc à l'arrière, à faible vitesse. Sur le moment, rien. Le lendemain, la nuque bloquée, des maux de tête, l'impression que la fatigue ne passe plus. C'est le tableau classique de ce qu'on appelle le coup du lapin — en langage médical, l'entorse cervicale, ou whiplash.

C'est aussi le préjudice le plus fréquemment sous-évalué par les compagnies d'assurance. Non pas parce qu'il serait bénin, mais parce qu'il est difficile à prouver : les radios sont souvent normales, et l'assureur en tire volontiers la conclusion qu'il ne s'est rien passé.


Pourquoi l'assureur minimise presque toujours


Dans un dossier de coup du lapin, l'assurance dispose de trois arguments récurrents. Le premier : le choc était léger, donc les séquelles ne peuvent pas être sérieuses. Le deuxième : l'imagerie ne montre rien. Le troisième : vous aviez déjà mal au dos avant.

Aucun de ces trois arguments n'est juridiquement décisif. La vitesse du choc ne détermine pas la gravité d'une lésion cervicale. L'absence d'image ne vaut pas absence de douleur — les traumatismes des tissus mous, ligaments et muscles profonds, sont par nature invisibles à la radiographie. Quant à un état antérieur, il n'efface pas votre droit à indemnisation : il peut au contraire avoir été aggravé par l'accident, et cette aggravation est indemnisable.


Ce qui est réellement indemnisé


On croit souvent qu'un dossier corporel se résume à « la douleur ». En réalité, l'indemnisation se décompose en postes distincts, chiffrés séparément. Dans un coup du lapin, les plus fréquents sont :

— le déficit fonctionnel temporaire, soit la gêne dans votre vie quotidienne pendant la période de soins ;

— les souffrances endurées, cotées sur une échelle de 1 à 7 ;

— le déficit fonctionnel permanent, si des séquelles subsistent après consolidation ;

— la perte de revenus, arrêts de travail comme incidence sur votre carrière ;

— le préjudice d'agrément, si vous avez dû renoncer à une activité sportive ou de loisir.


Un même accident peut donc donner lieu à une offre de deux mille euros ou de vingt mille, selon que ces postes ont été identifiés, documentés et défendus — ou simplement oubliés.


L'expertise médicale décide de tout


Le montant de votre indemnisation ne se joue pas dans une négociation : il se joue le jour de l'expertise médicale. Le médecin mandaté par l'assurance évalue vos séquelles, et son rapport servira de base à l'offre. Si le déficit permanent est fixé à 2 % au lieu de 5 %, l'écart se chiffrera en milliers d'euros — et il sera très difficile de revenir dessus ensuite.


Trois précautions, donc. Consulter dès les premiers symptômes et faire consigner chaque plainte par écrit, même celles qui vous paraissent secondaires : troubles du sommeil, irritabilité, difficultés de concentration. Rassembler l'intégralité de votre dossier médical avant l'examen. Et vous faire assister — par un avocat, et si l'enjeu le justifie par un médecin-conseil de victimes, qui parlera d'égal à égal avec l'expert de l'assurance.


Faut-il accepter la première offre ?


En pratique, rarement. La première offre arrive souvent tôt, à un moment où vous voulez surtout que cette histoire se termine. Elle est presque toujours inférieure à ce que le dossier vaut réellement, précisément parce qu'elle est calculée avant que vos séquelles ne soient stabilisées.

Vous disposez d'un délai de dénonciation de quinze jours après acceptation. Passé ce délai, la transaction est définitive : aucun recours, même si vos douleurs persistent des années. C'est la raison pour laquelle il faut faire relire toute offre avant de la signer.


Combien de temps avez-vous ?


Le délai de prescription est de dix ans à compter de la consolidation de votre état. C'est long, mais un dossier se construit toujours mieux à chaud : les certificats médicaux initiaux, le constat, les témoignages sont autant de pièces qui deviennent difficiles à réunir des années plus tard.

Si vous avez été victime d'un choc arrière, même léger, et que l'assurance vous propose de solder rapidement votre dossier, prenez le temps d'un avis. Le premier échange téléphonique avec le cabinet est gratuit, et il vous dira en quelques minutes si l'offre reçue est correcte ou non.


Maître Bouhadouza — avocat au barreau de Marseille, dommage corporel et indemnisation des victimes. 27 rue Grignan, 13006 Marseille. 06 41 46 10 45.

 
 
 

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