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Combien peut-on toucher après un accident de la route ?

  • Photo du rédacteur: Aréba BOUHADOUZA
    Aréba BOUHADOUZA
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

C'est la première question que l'on me pose, souvent dès le premier appel. Elle est légitime : vous êtes arrêté, vos revenus baissent, et vous avez besoin de savoir. Je vais y répondre honnêtement — ce qui suppose de commencer par une mauvaise nouvelle. Pourquoi personne ne peut vous donner un chiffre tout de suite Si un avocat vous annonce un montant au premier rendez-vous, méfiez-vous. Il ne peut pas le savoir, et voici pourquoi : votre indemnisation dépend de vos séquelles définitives, et vos séquelles ne sont définitives qu'au jour de la consolidation — le moment où votre état cesse d'évoluer. Cela prend des mois, parfois des années. Avant cette date, tout chiffre est une invention. En revanche, je peux vous dire très vite si l'offre que l'assurance vous propose est sérieuse ou non : cela, c'est immédiat. L'indemnisation ne se résume pas à vos frais médicaux C'est l'erreur la plus coûteuse que commettent les victimes. Beaucoup pensent qu'on les indemnise de leurs soins et de leur salaire perdu. En réalité, le droit français décompose votre préjudice en une vingtaine de postes distincts, chacun évalué séparément. Voici les principaux. Vos pertes économiques. Les frais médicaux restés à votre charge, les frais de transport, la perte de revenus pendant l'arrêt, et — poste souvent oublié, parfois le plus lourd — l'incidence professionnelle : la pénibilité accrue de votre métier, le renoncement à une promotion, la reconversion imposée. Une victime de trente ans contrainte de changer de profession subit un préjudice qui se compte sur toute une carrière. Votre déficit fonctionnel. Temporaire pendant la convalescence, permanent après consolidation. Il traduit la réduction définitive de vos capacités, exprimée en pourcentage par le médecin expert. C'est le socle du calcul. Vos souffrances endurées. Cotées de 1 à 7 par l'expert. Elles couvrent la douleur physique et morale entre l'accident et la consolidation : les interventions, la rééducation, l'angoisse. Votre préjudice esthétique. Cicatrices, boiterie, déformations. Coté également de 1 à 7. Votre préjudice d'agrément. Vous ne pouvez plus courir, nager, jouer d'un instrument, jardiner. Ce n'est pas un préjudice accessoire : c'est une part de votre vie qui disparaît, et elle s'indemnise. L'assistance par tierce personne. Si vous avez besoin d'aide pour les gestes du quotidien, même quelques heures par semaine, cela se chiffre — et sur toute la durée de votre vie s'il s'agit d'un besoin permanent. C'est fréquemment le poste le plus important d'un dossier grave, et celui que les assureurs sous-évaluent le plus systématiquement. Les aménagements. Votre logement, votre véhicule, vos prothèses et leur renouvellement. Le préjudice sexuel et le préjudice d'établissement. Rarement évoqués spontanément, souvent réels. Le second indemnise la perte de chance de fonder une famille. Ce qui fait varier le montant du simple au décuple À blessure apparemment comparable, deux dossiers peuvent aboutir à des indemnisations très différentes. Ce qui change : Votre âge — un déficit permanent à vingt-cinq ans se projette sur soixante ans de vie. Votre métier — la même main abîmée n'a pas les mêmes conséquences pour un chirurgien et pour un enseignant. La qualité de votre dossier médical — ce qui n'est pas documenté n'existe pas. Et surtout : votre préparation à l'expertise médicale. L'expertise décide de presque tout C'est le point que je veux vous faire retenir. Le montant de votre indemnisation ne se décide pas à l'audience : il se décide lors de l'expertise médicale. Ce jour-là, un médecin — souvent mandaté par l'assurance — évalue vos séquelles en quelques dizaines de minutes. Les taux et les cotations qu'il retient serviront de base à tout le reste. Une victime qui s'y présente seule, mal préparée, minimisant sa douleur par pudeur ou oubliant de mentionner ses troubles du sommeil, se prive définitivement d'une partie de ses droits. C'est pourquoi je prépare systématiquement mes clients à ce rendez-vous, et pourquoi je m'y fais assister d'un médecin-conseil indépendant. Le rapport d'expertise est le document le plus important de votre dossier. La première offre de l'assurance est presque toujours insuffisante Non par malveillance : par métier. L'assureur du responsable a pour fonction de chiffrer votre préjudice au plus bas, et il le fait avec compétence. Son offre omet les postes que vous ne connaissez pas — l'incidence professionnelle, la tierce personne, le préjudice d'agrément — et personne ne vous signalera cet oubli. Ne signez rien avant de l'avoir fait examiner. Une transaction signée est difficile à remettre en cause. Et si vous avez déjà signé ? Pas nécessairement trop tard. Certaines transactions sont contestables, et une aggravation de votre état ouvre un droit nouveau à indemnisation. N'y renoncez pas sans en avoir parlé. Parlons de votre dossier Je n'exerce qu'en réparation du dommage corporel, et je ne défends que les victimes — jamais les assureurs. Si vous avez été blessé, appelez-moi au 06 41 46 10 45 ou écrivez à bouhadouza.avocat@gmail.com. Le premier rendez-vous est sans engagement, et je réponds sous 24 heures.


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